PROSUMA NOTRE CATALOGUE POUR UN UNIVERS DE JOUETS POUR LA Fête DE Noël 2025
Ad imageAd image

Au Sénégal, entre Sonko et Diomaye, la guerre des territoires politiques s’invite sur la place publique

C'est première épreuve du nouveau pouvoir de Dakar. La guerre des clans éclate et le discours divise les Patriotes.

12 Min Read

C’est première épreuve du nouveau pouvoir de Dakar. La guerr des clans éclate et le discours divise les Patriotes. Depuis quelques jours, le courant ne passe plus entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, Ousmane Sonko.

Ce duo, symbole de la victoire électorale de mars 2024, traverse sa plus sérieuse crise depuis l’accession au pouvoir. En cause, une décision présidentielle qui a fait éclater au grand jour les divergences profondes entre les deux hommes : le remplacement d’Aïda Mbodj par Aminata Touré à la tête de la coalition « Diomaye Président ».

sources

Ce geste, perçu par certains comme une affirmation d’autorité du chef de l’État, a été immédiatement rejeté par le Pastef, parti dirigé par Sonko, qui conteste la légitimité de la décision. Le communiqué du Pastef est sans équivoque : « Le président Diomaye n’a pas le pouvoir de démettre Madame Aïda Mbodj, désignée par la Conférence des leaders ». Le parti affirme par ailleurs qu’il ne se reconnaît dans « aucune initiative coordonnée par Aminata Touré ». En filigrane, cette position active un bras de fer politique entre la présidence et la primature.

La coalition crée la discorde et la majorité présidentielle en querelle externe

sources

L’épisode autour d’Aïda Mbodj fragilise la coalition au pouvoir. En limogeant la coordinatrice de « Diomaye Président », le chef de l’État a voulu reprendre la main sur un appareil politique jusque-là perçu comme sous l’influence de Sonko. Mais la réaction du Pastef a démontré que cette manœuvre a plutôt attisé les tensions. Le Premier ministre, fidèle à son franc-parler, a publiquement réaffirmé son soutien à Aïda Mbodj lors d’un grand rassemblement à Dakar, confirmant ainsi la division interne. Le geste de Diomaye Faye marque une rupture dans le fonctionnement du tandem. Serein jusque-là, le président s’était toujours gardé de toute confrontation directe avec son Premier ministre. Il avait choisi la discrétion face aux remous politiques précédents : qu’il s’agisse de la nomination de Samba Ndiaye à la SN-HLM ou des frictions durant la campagne législative, sa méthode reposait sur le silence et la maîtrise. Mais cette fois, le chef de l’État a changé de ton. En publiant un communiqué après le tera-meeting de Sonko, il a voulu marquer son territoire. Cette décision, selon plusieurs analystes, pourrait s’avérer coûteuse sur le plan politique.

Au sein même du camp présidentiel, les réactions ne se sont pas fait attendre. Le député Guy Marius Sagna a tenté de calmer les esprits en appelant à la retenue : « La révolution n’est pas un dîner de gala », a-t-il rappelé en exhortant les partisans des deux camps à rester unis pour un « Sénégal souverain, juste et prospère ». Mais tous ne partagent pas cette ligne d’apaisement. Le directeur général du Port autonome de Dakar, Waly Diouf Bodiang, a pris ouvertement fait et cause pour Ousmane Sonko. « Mon périmètre politique se limite à Ousmane Sonko », a-t-il déclaré, refusant de se sentir concerné par des décisions extérieures au Pastef. Une sortie sèche qui a provoqué une riposte virulente d’Ameth Diallo, leader de Gox Yu Bees–Les Bâtisseurs, proche du président Diomaye. Pour lui, cette loyauté exclusive à un homme relève d’une dérive : « Le patriotisme, ce n’est pas s’agenouiller devant un homme, c’est se tenir debout pour la République », a-t-il lancé, dénonçant la posture de Bodiang. Ces échanges illustrent la profondeur du malaise. Les partisans de Sonko s’estiment marginalisés, tandis que les soutiens du président dénoncent une personnalisation excessive du pouvoir au sein du Pastef. L’ambiance dans la mouvance présidentielle est devenue pesante, au point que certains craignent une fracture irréversible entre les deux pôles du pouvoir.

"Cliquez sur l'image pour découvrir le site !"
Ad imageAd image

Le spectre d’une erreur politique

sources

Pour de nombreux analystes, la décision de Diomaye Faye soulève un double problème : celui de la forme et celui du moment. Le politologue Moussa Diaw estime qu’il s’agit d’une « erreur de communication ». Selon lui, le président aurait dû gérer cette question en interne, dans le respect des formes, sans l’exposer à la place publique. « Il a publiquement désavoué son Premier ministre, ce qui crée une confusion institutionnelle », explique-t-il, redoutant un affaiblissement de la stabilité politique. Babacar Ndiaye, autre analyste, abonde dans le même sens. Il s’interroge sur la pertinence de donner une nouvelle vie à la coalition « Diomaye Président », alors que le Pastef dispose désormais d’une majorité autonome. « Pourquoi ressusciter une coalition qui a déjà rempli sa mission électorale ? », questionne-t-il. Selon lui, cette démarche traduit peut-être la volonté du président de préparer dès maintenant son assise politique pour 2029, en vue d’un éventuel second mandat. Une lecture que partage le professeur Diaw, pour qui cette initiative traduit « des ambitions inavouées ». En réactivant la coalition, Diomaye Faye cherche à consolider son camp, quitte à s’éloigner de Sonko. Mais cette stratégie risque d’alimenter une rivalité politique au sommet de l’État, avec des conséquences institutionnelles incalculables. « Si la crise s’envenime, elle pourrait déboucher sur une véritable confrontation entre les deux têtes de l’exécutif », prévient-il.

Un tandem au bord de la rupture

sources

Les tensions ne datent pas d’hier. Dès juillet 2025, Ousmane Sonko avait publiquement mis en cause l’autorité du président, évoquant un « problème d’autorité » lors d’un discours devant les cadres du Pastef. Cette attaque directe avait surpris jusque dans les rangs de la majorité. « On ne peut tolérer qu’un homme soit traîné dans la boue sans que le président ne s’y oppose », avait-il lancé, sous-entendant un manque de soutien de la part de Diomaye Faye. Pour beaucoup, ces mots ont marqué le début d’une défiance ouverte. Sonko reprochait à son président de ne pas défendre le gouvernement contre certaines attaques médiatiques et politiques. Depuis, les signes de crispation se sont multipliés : absence du Premier ministre à un Conseil des ministres, prises de parole séparées, initiatives politiques non concertées. À chaque épisode, les divergences se font plus visibles. Certains, comme le juriste Babacar Ba, estiment que ce duel à distance menace l’équilibre institutionnel. Selon lui, « un divorce entre le président Diomaye et son Premier ministre plongerait le pays dans une crise politique et économique profonde ». En rappelant le caractère présidentiel du régime sénégalais, il met en garde contre une dérive où l’exécutif fonctionnerait en parallèle, sans coordination. Pour Ba, cette situation, inédite sous la Ve République sénégalaise, risque de fragiliser la crédibilité du pouvoir, déjà confronté à des attentes sociales pressantes.

Le discours divise, les appels se multiplient

sources

Dans ce climat tendu, certaines voix au sein du Pastef appellent à la raison. Mame Birame Watie, président du conseil d’administration du quotidien Le Soleil, a livré une tribune sans détour : « A Ousmane Sonko, quel que soit le bilan du président, ce sera aussi le vôtre. C’est vous qui l’avez choisi. » Une manière de rappeler au leader du Pastef que son sort politique reste lié à celui de Diomaye Faye. Watie exhorte les militants à faire preuve de modération : « Divergence n’est pas opposition », écrit-il, avant de conclure que « Diomaye moy Sonko » doit continuer d’être un cri de ralliement et non un slogan creux. Pour sa part, Aïda Mbodj, au cœur de la tempête, a rappelé dans une ancienne interview que c’est bien Bassirou Diomaye Faye qui l’avait nommée à la tête de la coalition. Une déclaration qui affaiblit la ligne de défense du Pastef. En vérité, cette bataille pour la coordination cache une lutte plus profonde pour le contrôle du pouvoir politique, celui de fixer le cap du projet présidentiel et de gérer l’après-élection.

Les observateurs redoutent désormais que cette querelle dépasse le cadre de la coalition. Elle révèle une compétition d’influence entre deux figures issues du même combat, mais dont les ambitions et les tempéraments diffèrent. Sonko, tribun charismatique, ancré dans la contestation populaire, cherche à garder la main sur le discours révolutionnaire. Diomaye, plus mesuré, semble vouloir asseoir son autorité présidentielle dans un cadre institutionnel classique. Entre ces deux postures, le Sénégal découvre les limites d’un tandem qui, hier encore, symbolisait l’unité et l’espoir d’un renouveau politique. La suite dépendra de la capacité des deux hommes à dépasser leurs ego et à renouer le dialogue. Car, comme le souligne un proche du dossier, « la véritable crise n’est pas celle de la coalition, mais celle de la confiance ». Si elle venait à se rompre, c’est tout l’équilibre du pouvoir qui vacillerait. Le Sénégal, qui avait salué l’alternance démocratique de 2024, observe aujourd’hui avec inquiétude la dégradation des relations au sommet de l’État. Le président Faye, élu sur une promesse de rupture et de transparence, se retrouve confronté à l’épreuve du pouvoir. Face à lui, un Premier ministre populaire, porteur de l’élan révolutionnaire qui a conduit la coalition à la victoire, entend préserver son influence et sa légitimité. Dans ce face-à-face inédit, l’avenir du tandem repose sur leur capacité à rétablir la confiance et à éviter l’escalade. La stabilité du pays, déjà fragilisée par les défis économiques et sociaux, en dépend largement.

"Cliquez sur l'image pour découvrir le site !"
Ad imageAd image
Partager l'article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *