Abidjan, Rivierra Palmeraie, précisément à « l’Espace Keveen », autour d’un petit déjeuner de presse, le samedi 20 décembre 2025, des hommes et des femmes aux regards marqués, débattent d’une histoire que l’État ivoirien peine encore à solder.
De quoi s’agit-il ? Il s’agit de l’affaire dite de l’Agrobusiness, un scandale financier engageant des milliers de victimes, survenue en 2016, et dont les cicatrices restent béantes près d’une décennie plus tard.
Séka Ossey
Réunis dans un cadre voulu convivial, les membres du Groupement des Souscripteurs à l’Agrobusiness (GSA) ont choisi la parole apaisée pour rappeler l’ampleur d’un drame humain et financier qui a « endeuillé » plusieurs familles.
Séka OsseyLa crise éclate à la mi-décembre 2016, à la suite d’une intervention jugée « brutale » de l’État ivoirien. En effet,les comptes de nombreuses sociétés d’agrobusiness sont gelés, des dirigeants arrêtés, tandis qu’un mandat d’arrêt international est lancé contre Mr Christophe Honoré Yapi, Directeur général de MonHevea.com et Agronomix, principaux promoteurs du secteur.
Séka Ossey« Des Directeurs généraux ont été incarcérés, puis libérés sans jugement. Depuis, le flou judiciaire s’est installé », déplore un responsable du GSA.
Séka OsseyLE PRÉSIDENT ALASSANE OUATTARA ET SON ÉPOUSE APPELÉS AU SECOURS
Séka Ossey
Face à l’ampleur de la crise, plusieurs courriers sont adressés au Président Alassane Ouattara et à la Première Dame, avec l’appui de l’ex-ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, Charles Gomis. Cette démarche aboutit à la nomination du Ministre Patrick Achi comme médiateur. Ndlr: (Il n’était pas encore Premier Ministre)
Séka OsseyMais, selon le GSA, « jusqu’à ce jour, aucune solution durable n’a été trouvée ». Une nouvelle demande d’audience à la Présidence est restée sans réponse, malgré la volonté affichée d’un règlement amiable.
Séka OsseySur les 17 procédures engagées par l’État, seules deux ont été remportées par les victimes : celles contre AGRIBIZNET et RESPHDIA. Dans le dossier AGRIBIZNET, la justice a ordonné la saisie de 15 véhicules, du siège social estimé à 140 millions FCFA, ainsi que de villas et terrains.
Séka Ossey« Nous avons la Grosse et le Certificat de non-appel. Pourtant, l’indemnisation n’avance pas », regrette un membre du collectif.
Séka Ossey
Depuis octobre 2024, l’AGRAC s’est saisie du dossier, sans retour concret. Les victimes dénoncent également le silence de la CFAO, détentrice de véhicules confisqués, et l’opacité autour de fonds estimés à 6 milliards FCFA, gérés par un administrateur séquestre.
Séka OsseyPlus grave encore, selon le GSA, plus de 85 milliards FCFA issus des souscriptions auraient disparu. Des courriers ont été adressés à plusieurs banques pour obtenir des relevés sont restés sans suite.
Séka OsseyCela dit, neuf (9) ans après, les victimes de l’Agrobusiness attendent toujours vérité, justice et réparation. « Nous ne demandons pas l’impossible, seulement le respect de nos droits », conclut le président du GSA.
Séka OsseyUn cri de coeur, certes, lancé autour d’un petit déjeuné, mais contenant l’espoir de milliers de victimes, destiné aux plus hautes autorités du pays.
Séka Ossey





