À Abidjan, le ministère des Transports engage une réforme majeure : sécuriser la circulation des motos et tricycles tout en professionnalisant la livraison urbaine, avec la Poste comme acteur central.
À Abidjan, le ministère des Transports a engagé un dialogue direct avec les acteurs du transport à deux et trois roues et du secteur de la livraison urbaine. Une séance de travail s’est tenue le jeudi 18 décembre 2025 à la Direction générale des transports terrestres et de la circulation (DGTTC), au Plateau. Elle a réunit responsables d’associations de motocyclistes, coursiers, livreurs, plateformes numériques, entreprises de logistique et particuliers.
SourcesUne phase pilote à étendre
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Au cœur des échanges, l’évaluation d’une mesure déjà en vigueur : l’interdiction de circulation des motos et tricycles sur la voie centrale du Boulevard Félix Houphouët-Boigny (ancien VGE). Décidée en mai 2025, cette restriction vise à réduire l’accidentalité sur un axe particulièrement dangereux. Selon les chiffres communiqués par la DGTTC, près de 500 accidents et 25 décès y avaient été enregistrés en deux ans.
Sources« Depuis la mise en œuvre de cette mesure, les accidents sont devenus rares », affirme Oumar Sako, directeur général des transports terrestres et de la circulation.
SourcesD’après les services du ministère, le taux de respect de l’interdiction avoisine aujourd’hui 80%, malgré la persistance de conducteurs indisciplinés, alors qu’une centaine de panneaux de signalisation ont été installés. Plus de 800 motos ont ainsi déjà été mises en fourrière. À partir de janvier 2026, la surveillance sera renforcée avec l’appui du district autonome d’Abidjan.
SourcesMais cette restriction n’est qu’une étape, insiste le ministère. Elle s’inscrit dans la mise en œuvre d’un plan global de circulation sur le Grand Abidjan, destiné à mieux organiser la mobilité urbaine et à intégrer durablement les engins à deux et trois roues. « Cette phase pilote fonctionne. Nous allons accentuer les contrôles et déployer progressivement ce plan, sans pénaliser l’activité économique », souligne M. Sako. Toutefois, « on ne va pas étendre ce plan sans des mesures d’accompagnement ».
SourcesPourquoi la Poste va désormais encadrer la livraison urbaine à Abidjan
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Deuxième point sensible abordé lors de la rencontre : la réorganisation du secteur de la livraison de petits colis. Les autorités estiment que 80 à 90% des cas d’indiscipline routière impliquent des livreurs opérant dans l’informel, sans agrément ni fiscalité.
SourcesLa loi confie déjà à la Poste de Côte d’Ivoire la mission d’organiser la livraison de petits colis, un rôle central d’agrégation et de régulation que l’État entend activer pour structurer le secteur et améliorer la sécurité routière.
Sources« C’est une bonne nouvelle pour l’industrie postale », estime le directeur général de la Poste de Côte d’Ivoire, Isaac Gnamba-Yao, qui voit dans cette réforme une opportunité d’adapter l’entreprise publique aux réalités du e-commerce et de la logistique urbaine.
SourcesConcrètement, la Poste va procéder au recensement exhaustif de l’ensemble des acteurs de la livraison, personnes physiques comme personnes morales, puis de mettre en place un système d’enregistrement progressif, d’abord en ligne avant un dispositif en présentiel. L’objectif affiché est de structurer l’écosystème, sans exclure les acteurs existants.
Sources« Il ne s’agit pas de phagocyter le secteur, mais de créer un interlocuteur unique avec l’État, d’organiser la profession et d’offrir aux livreurs un cadre plus sécurisé, avec accès à l’assurance, au crédit et à la formation », a rassuré M. Gnamba Yao, certains opérateurs présents à la séance de travail redoutant une perte d’autonomie face à la Poste.
SourcesLe ministère assure que l’enregistrement des livreurs, prévu dès début janvier 2026, sera gratuit dans un premier temps et accompagné de mesures transitoires. La phase de recensement devrait s’étendre sur tout le premier trimestre.
SourcesÀ terme, l’ambition affichée est double : améliorer la sécurité routière dans la capitale économique et professionnaliser un secteur devenu central pour l’économie urbaine ivoirienne.
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