Dans les salons feutrés de l’Hôtel Palm Club, le silence était parfois lourd d’inquiétude. Face à un public composé d’acteurs politiques, de membres de la société civile et d’observateurs attentifs, le Dr Sylvain N’Guessan a dressé, mardi 28 avril 2026, un tableau alarmant des conséquences de la guerre opposant la coalition États-Unis–Israël à l’Iran. À l’initiative de l’Union Républicaine pour la Démocratie (URD) de Mme Danièle Boni Claverie, ce premier forum trimestriel a voulu sonner l’alerte sur les répercussions économiques, énergétiques et sociales que cette crise pourrait provoquer en Côte d’Ivoire
Placée sous le thème « Crise au Moyen-Orient : les enjeux politiques, économiques et leurs répercussions sur l’économie ivoirienne », la rencontre a permis de mettre en lumière les fragilités de l’économie ivoirienne face aux tensions géopolitiques mondiales.
Kacou Ossey
Avec une démonstration nourrie de données économiques et énergétiques, le conférencier du jour, Dr Sylvain N’Guessan, a insisté sur la dépendance des économies africaines aux marchés extérieurs.
Kacou Ossey« Cette guerre-là, si elle persiste, il y aura des augmentations des prix sur beaucoup de marchandises », a-t-il averti.
Kacou OsseySelon lui, les premiers secteurs touchés seront l’agriculture, l’énergie et la santé. Il a notamment évoqué une hausse imminente du coût des engrais agricoles, indispensable à la production du riz et d’autres cultures vivrières.
Kacou Ossey« On ne pourra pas en acheter en quantité suffisante pour entretenir les champs afin d’obtenir une production suffisante », a expliqué l’universitaire.
Kacou Ossey
Le spécialiste a également alerté sur les risques énergétiques qui planent sur la Côte d’Ivoire. Malgré les récentes découvertes pétrolières, le pays demeure dépendant des importations.
Kacou Ossey« Notre production journalière est comprise entre 60 000 et 80 000 barils par jour, alors que notre consommation tourne autour de 100 000 barils », a-t-il souligné.
Kacou OsseyPour Dr N’Guessan, une prolongation du conflit entraînerait inévitablement une flambée des prix du carburant et des produits de première nécessité.
Kacou Ossey« Jusqu’à fin mai, les États peuvent encore tenir grâce aux réserves vet aux subventions. Mais à partir de juin, cela devrait commencer à se sentir dans certains secteurs », a-t-il prévenu.
Kacou OsseyLe conférencier a aussi évoqué les conséquences sanitaires de cette crise mondiale, annonçant une probable augmentation de 30 % du prix des préservatifs et de certains produits pharmaceutiques, du fait de la hausse du coût des matières premières utilisées dans leur fabrication.
Kacou Ossey
Il faut noter qu’avant l’exposé du conférencier, la présidente de l’URD, Mme Boni Claverie, a expliqué les motivations de ce forum qu’elle souhaite désormais trimestriel.
Kacou Ossey« Les Ivoiriens et même les médias ne semblent pas intéressés par cette crise, alors qu’elle peut nous impacter de façon terrible », a-t-elle regretté.
Kacou OsseyPour la ministre, il était urgent d’informer l’opinion publique sur les dangers économiques à venir.
Kacou OsseyElle a également déploré un déficit de communication autour de cette situation internationale.
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« Ce n’est pas une guerre lointaine ou abstraite. Les conséquences se feront sentir bientôt si elle continue », a insisté la présidente de l’URD.
Kacou Ossey« Le gouvernement n’a pas encore dit cette vérité aux Ivoiriens. Il y avait donc un manque d’information », a-t-elle déclaré, appelant les médias à sensibiliser davantage les populations.
Kacou OsseyLe forum a enregistré la présence de plusieurs figures politiques et responsables d’organisations de la société civile, parmi lesquels Dr Kouamé Christophe de CIVIS, la ministre Angèle Boka du PPA-CI, le ministre Sekré Kouakou du MGC ainsi que le président Anaky Kobena.
Kacou OsseyAu terme des échanges, Dr Sylvain N’Guessan a appelé à une mobilisation collective face aux défis annoncés.
Kacou Ossey

